End…

Voilà c’est la fin d’un parcours difficile et long.  Il y a pire mais j’ai l’impression d’avoir été le « pire ». Le sentiment d’avoir porté trop de choses lourdes sur un trop long trajet et de n’être pas arrivée à bon port en un morceau. 
Voilà j’ai revu mon gyneco pma qui m’a confirmé qu’il ne me suivrait plus.  Trop peur des risques. Sauf si je me fais opérer  retirer trompes avec le risque de devoir retirer les ovaires et donc au final le risque que même après tout ça la route s’arrête au même endroit…
Donc la pma s’arrête là. J’ai pleuré un peu au cabinet.  Environ 30 secondes.  Juste histoire de signifier au monde que j’avais mal. Que la bataille et la guerre avaient été perdu.  Sir a versé sa petite larme discrètement.  On a pris le taxi pour rentrer sous la pluie parisienne… On en parle plus. Sir ne croit pas au miracle et à la force de l’esprit. En revanche il croit en la médecine. Il croit que notre chemin vers nos enfants bio s’arrête là…
Moi j’ai une furieuse envie d’envoyer valser ma vie.  De le quitter.  De prendre un amant et de ne plus jamais aimer. 
Demain est un autre jour.  Cette nuit le soleil va se coucher sous mes larmes et se lever avec mon coeur en miettes. J’enverrai peut être valser ma vie.  Pourquoi pas? Ça pourrait me libérer… avec un peu de chance. Je perds toute dignité dans ce post mais je m’en fiche. Je veux juste me libérer de ce poids. Je veux juste ne plus être là…  Demain est un autre jour…
Je ne vais pas fermer le blog parce que les autres pmettes auront peut être envie de savoir  qu’elles ne sont pas seules à quitter la Pma sans enfant. Mais j’écrirai sûrement plus. On verra…

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les larmes de la fin+ EDIT

EDIT 17/06: Je voulais juste vous remercier d’être toujours là pour moi. Je n’ai pas la force de vous répondre individuellement mais sachez que VOUS ETES les jolies choses de ma vie qui me permettent de supporter l’insupportable. Mille mercis!

Quand les larmes coulent sans qu’on est pu les retenir on se dit qu’on est mal barré… Sérieusement, je suis forte comme Pivoine, je fais partie de celles qui fanent en dernier dans le vase en général. Mais là, franchement, il m’en faut vraiment pas beaucoup. Si je fais la liste des choses qui me font pleurer ça donne:

-La meilleure amie qui décide d’avoir son premier enfant (qui me le dit timidement et parce que je lui ai posé la question. Jolie attention au passage.).

-prendre conscience que bientôt, dans 1 ou 2 ans maximum, je serai vraiment la seule à ne pas être mère et que les regards de pitiés se poseront sur moi. J’entendrai dire encore plus souvent « ma pauvre tu n’as vraiment pas de chance dans la vie! ». Le prochain médecin ou pote qui me dit ça je lui casse la gueule!! Je refuse de croire que je n’ai pas de chance dans la vie. J’ai juste une destinée un peu différente des autres, et alors? Au final on se dirige tous lentement mais surement 6 pieds sous terre…

-la collègue qui parle de ses enfants et des difficultés du quotidien pour une femme (hé tu veux qu’on échange parce que là comment te dire… Au passage elle est au courant de mon parcours donc aucune excuse!) et qui me dit que j’ai la chance de ne pas vivre ce rythme infernal….

-la collègue-copine qui me demande au détour d’une conversation, un peu étrange que j’ai laissé venir, si elle doit comprendre que mon mari et moi ne souhaitons pas avoir d’enfant. Je ne peux pas mentir à cette question. Alors avec le sourire, la gorge nouée et le regard fixé au sol je réponds « non, nous ne pouvons pas en avoir… » En général, ça calme voire ça pousse à dire des conneries.  Mais là elle a été super. Elle a juste écouté et n’a pas cherché à surenchérir.

-la vieille copine d’école qui veut absolument vous parler au téléphone depuis plus de deux mois (alors que sincèrement je l’ai senti venir alors je l’ai fuit et puis je n’avais pas que ça à foutre: j’avais deux infections à gérer) parce qu’elle est de passage sur la métropole. Faut que je précise qu’en dehors de ses grossesses elle ne me donne pour ainsi dire jamais de nouvelle. Vu que c’est une poule pondeuse, je me doutais qu’elle était venue accoucher d’un troisième bambin tout mignon à croquer. J’ai fini par décrocher mon téléphone et là ça a été juste formidable. J’ai appris que sa vie est parfaite, qu’elle s’interroge sur la possibilité/intérêt d’en faire un quatrième au 18 mois du 3ème comme elle a fait pour les deux autres. Je vous rappelle qu’elle a accouché il y a moins d’un mois. Et puis est venu le moment des questions cash:

Elle: Et vous, le traitement pour avoir un enfant ça donne quoi?

(Rien connasse, tu l’aurais su sinon!)

Moi:   bah, rien! C’est fini! (pas la peine qu’on en parle plus il y a rien à dire, hein?!)

Elle: ha mais c’est dur à vivre non?

Moi: (dans ma tête: sérieux, elle me pose vraiment la question? Bah, apparemment oui et elle attend la réponse semble t’il…) bah, oui c’est normal! (bon elle va arrêter là!)

Elle: Oui, c’est difficile mais du coup avec ton mec ça le fait?

Moi: (genre je suis un peu blonde et je comprends pas) bah, comment ça?

Elle: bah en général ce genre d’histoire ça détruit le couple. Si vous pouvez pas avoir d’enfant c’est pas évident pour le couple.

Moi: bah effectivement, je pense que ça détruit beaucoup de couple. C’est triste. Mais nous ça va. Ça va plus tôt bien même. Ça nous a rapproché mais enfin tout ne peut pas merder dans la vie, n’est-ce pas?

Elle: (presque déçue par ma réponse) ha, mais c’est bien. Bon, en même temps vous allez pouvoir faire tout ce que moi avec mes trois enfants je ne peux plus faire (rire), voyager, sortir etc…

Moi: (PUTAIN TA GUEULE) mouais en même temps on ne fait rien de tout ça alors avec ou sans enfant ça ne changera pas notre vie. Je préférai être à ta place! (SALOPE)

Elle: et l’adoption? (sur le ton de bah, je t’ai trouvé une solution miracle et facile)

Moi: (mais tu vas la fermer et raccrocher?) il n’y aura pas d’adoption. Ça s’arrête là!

A chaque fois que je repense à cette conversation j’ai envie de pleurer et de hurler.

Il parait que regarder les jolies choses de sa vie aident à supporter l’insupportable! Alors je vais essayer… Il parait que je suis forte alors je n’ai pas le choix…

RÉVEILLER LES OVAIRES

INJECTION DE CELLULES SOUCHES POUR « RÉVEILLER LES OVAIRES »

Le Pr Antonio Pellicer, co-dirigeant du groupe hospitalier IVI[1] en Espagne, mène un essai clinique à Valence sur une vingtaine de femmes.  Cet essai consiste à « stimuler les follicules, précurseurs des ovocytes, en injectant dans les ovaires, via l’artère fémorale, des cellules souches issues de la moelle osseuse de la patiente ». Six patientes ont déjà été traitées, trois « ont produit des ovocytes donnant par FIV des embryons, mais une seule a obtenu un embryon de qualité suffisante pour être implanté dans son utérus ».

Le Pr Pellicer veut rester prudent, l’essai n’est encore que « préliminaire » et l’expérience est« incertaine ». De plus, « à ce stade, on ne peut pas exclure le facteur chance. »

Il se félicite de proposer une alternative aux femmes qui « tendent aujourd’hui à vouloir des enfants tard », à celles qui « souffrent de ménopause précoce », ou « celles dont les ovaires ont été endommagés par une chimiothérapie ».

Le problème, analysé par le Pr Aaron Hsueh (Stanford university, Californie), « est que même si on parvient à augmenter le nombre d’ovocytes produits, on n’améliore par leur qualité ». Le Pr Hsueh avait quant à lui tenté d’autres recherches en 2013, dans le même but (cf. Gènéthique du 2 octobre 2013).

[1] Groupe « mondialement reconnu dans l’AMP », également spécialisé dans la ponction ovocytaire (cf. Gènéthique du 9 juin 2015)

Sources:

Le Figaro santé (12/06/2015)

Un espoir pour toutes les femmes atteintes de maladie pouvant les rendre stérile

http://www.genethique.org/fr/premiere-naissance-grace-une-autogreffe-de-tissus-ovariens-preleves-avant-la-puberte-63367.html#.VXlyBfntlHw

Une jeune femme de 27 ans, restée anonyme, est devenue la première au monde à avoir donné la vie à un bébé après la restauration de sa fertilité grâce à la transplantation de ses propres tissus ovariens, prélevés et congelés avant la puberté, a annoncé une équipe médicale à Bruxelles. Elle a donné naissance à un garçon en bonne santé en novembre 2014.

La patiente souffrait d’une grave maladie génétique du sang diagnostiquée alors qu’elle avait 5 ans. Pour traiter sa maladie, elle a reçu une greffe de moelle osseuse de son frère. Cette procédure requiert au préalable un lourd traitement (chimiothérapie ou radiothérapie) susceptible de détruire le fonctionnement des ovaires. Ainsi à 13 ans et 11 mois, les médecins lui ont enlevé l’ovaire droit et en ont congelé des fragments.

Lorsqu’elle a exprimé le désir d’avoir un enfant, pour restaurer sa fertilité les médecins ont alors décongelé une partie des tissus ovariens et lui en ont réimplanté des fragments sur l’ovaire gauche, laissé en place mais défaillant, ainsi que dans d’autres endroits de son corps. Les tissus greffés ont commencé à produire des ovocytes matures au bout de cinq mois, puis elle est devenue enceinte naturellement.

C’est la première fois qu’une grossesse a été enclenchée et a abouti à la naissance d’un enfant après la restauration des fonctions hormonales de la femme grâce à l’autogreffe de tissus ovariens.

Sources:

 Le Monde (Moina Fauchier-Delavigne, Paul Benkimoun) 11/06/2015