ECRIRE….mais pour dire quoi?

Pour dire que je me sens seule, seule, seule dans ce monde. Plus personne ne me demande comment je vais dans la vraie vie. J’ai l’impression que cette histoire c’est déjà du passé pour les autres (mes amies, ma famille, mes collègues).

On considère que je suis toujours la même, un enfant en moins. Après tout c’est ma souffrance et pas la leur. Je comprends, ils ne peuvent rien pour moi alors pourquoi en parler? Aujourd’hui c’est un jour sans, ma descente aux enfers. Je sais que demain ou dans quelques heures ça ira mieux, parce que c’est ça l’enfer on ne t’y laisse pas trop longtemps pour que tu ne t’habitues pas à la douleur mais on t’y renvoi régulièrement pour un cours séjour.

Sinon, je viens de réaliser que j’attendais avec impatience la grossesse de ma BF pour pouvoir la vivre par procuration. C’est triste et pathétique. D’ailleurs, elle doit se méfier puisqu’elle refuse totalement d’aborder le sujet avec moi. Elle a aussi surement pitié et c’est sa manière à elle de me protéger. Elle est quand même chouette ma cops :-)! Mais putain pourquoi ça fait mal?

Depuis avril je voyais un ostéopathe à Bordeaux qui connait bien l’endométriose. Ça m’a fait beaucoup de bien même si mon portefeuille lui n’a pas aimé. Du bien ça m’en a fait au cerveau surtout. Parce qu’en réalité, il combine ostéopathie (quelque manip autour du bassin), chamanisme et auto-hypnose. J’aimais l’entendre me dire que j’étais une belle personne et que je devais accepter de laisser mes souffrances passées dans le passé. J’ai appris que mon esprit pouvait combattre le corps (j’en étais convaincue mais je n’ai jamais su comment faire). Alors régulièrement, quand je sens/j’ai l’impression que mon infection va revenir, je l’imagine entrain de se faire la mal dans mes règles. A chaque nouveau cycle, je me rassure en imaginant que j’évacue cette saleté d’endométriose qui me prive de ma fille et de mon fils. Alors, on y croit ou pas mais moi je crois que ça ne peut pas me faire de mal. C’est dur de ne pas lâcher quand sa moitié est ultra septique. L’ostéopathe aide de nombreuses de femmes qui viennent de loin pour le voir alors pourquoi pas moi. Malheureusement, je vais devoir arrêter pour quelque temps mes séances, le temps de me refaire une santé financière.

En attendant, nous poursuivons les démarches pour l’ agrément. Dans quelle jour il faudra faire visiter notre nid (pas du tout douillé) à l’assistante sociale et retourner chez le psy. J’avoue que l’adoption pour moi c’est un autre combat. Un combat que j’ai du mal à mener car je trouve que j’ai suffisamment prouvé au monde que je souhaite fonder une famille. Je sais que je serai une bonne mère parce que j’ai accepté que je ferai des erreurs et qu’on fera au mieux pour les réparer. Je sais qu’en aillant choisi Sir comme papa, ça fait déjà de moi une bonne mère. Je sais que c’est prétentieux mais Sir est un homme bien et il sera un super papa. Je me sens totalement confiante de ce coté là même si on se sépare, même si je meurs, je sais qu’il saura faire face aux épreuves de la vie et donner le meilleur à ses enfants. Mais ça m’agace de devoir réfléchir à la couleur de mes enfants, à leur histoire et à la manière de la transmettre. Je trouve cela totalement dingue de devoir dire « oui, si mon enfant est issu d’un viole collectif (ce qui explique que la pauvre femme a préfère le confier à quelqu’un d’autres que de le garder pour le torturer de lui rappeler tous les horribles choses qu’elle a vécu.) bah je me sens capable de lui expliquer. » Boréal! Il y a pas d’histoire d’abandon qui soit plus facile qu’une autre. C’est pas une compét’! Je choisi pas une poupée sur catalogue non plus. Son histoire sera celle qu’elle sera. Je me ferai aider si nécessaire pour trouver les bons mots, ceux qui vous heurtent le moins mais je peux quand même pas aller dans l’adoption et espérer avoir un enfant avec un beau passé du genre « mes parents s’aimèrent très fort et eurent un enfant mais firent le choix de le donner à un inconnu qui ne pouvait pas avoir d’enfant parce qu’ils étaient très généreux. » Beurkk

Bref, l’adoption et la Pma ce sont deux choses différentes mais dans les deux cas, il faut encore et toujours se battre. La bonne nouvelle c’est que si on reste sur une adoption nationale, ce qui est notre cas, et qu’on fini par nous choisir on pourra espérer pouponner puisque les enfants (lorsqu’on demande entre 0 et 3 ans) ont souvent quelque mois car majoritairement issus de l’accouchement sous X. Moi, j’ai très envie de pouponner, je crois vraiment que pour créer du lien avec mon enfant j’ai besoin de partager sa vie le plus tôt possible. Alors, depuis que je sais ça dès que j’ai un enfant de quelques mois dans les bras, je ne peux m’empêcher de me dire « tiens voilà à quoi pourrait ressembler notre enfant. Je pense que je pourrai l’aimer sans trop de difficulté. »  Bon, je rêve un peu là, parce que tout ça n’arrivera pas avant des années et si on a de la chance. Le plus dur va être l’attente…

Mais en pmette qui se respecte l’attente je connais alors…

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27 réflexions sur “ECRIRE….mais pour dire quoi?

  1. Les autres ne te demandent peut être plus comment tu vas, mais nous, nous sommes là pour toi, derrière toi. Je te trouve incroyablement courageuse, car malgré l’épreuve que tu traverses tu vas encore de l’avant avec ce chemin vers l’adoption. Tu parles de ta descente aux enfers, mais tu sais aussi déjà que demain tu seras à nouveau debout. Tu visualises du positif (que cette infection s’en aille), tu décris tout la fierté que tu as d’avoir ton homme, tu te projettes déjà dans l’adoption et tu arrives même à savourer quand tu as un bébé dans les bras. Alors, permet moi juste de te dire Pivoine que tu peux être fière de toi, tu es une femme incroyable. Et je ne doute pas un seul instant que tu parviendras à être mère un jour ou l’autre.Je t’embrasse fort.

    1. Merci Mamzellefleur pour ce commentaire si bienveillant. Nous en sommes toutes là à essayer de visualiser le positive pour survivre et pour avancer. Car enfin, nous sommes en vie alors il faut la vivre cette vie n’est-ce pas? 😉

  2. Je pense fort à toi et admire ta force, ton courage et ton élan vital qui sont bien là et qui s’expriment, même si tu en doutes !
    Je te souhaite de continuer à avancer sur votre route et de réaliser les beaux projets que vous avez, pas à pas.

  3. Je rejoins Mamzelle Fleur ; nous sommes là ❤

    Tu as une force incroyable, je t'assure. Même si certains jours tu as l'impression de toucher le fond, tu arrives malgré tout à rebondir pour t'approcher un peu plus de vos enfants. Tu peux vraiment être fière de toi.

  4. Je te trouve très courageuse. Vraiment. L’adoption c’est un combat aussi, la route est longue. Mais quel beau projet! J’espère qu’il vous comblera, tu le mérites tellement. J’aime bien ce que tu dis sur Sieur, c’est beau. ❤️😘

  5. Tu as un beau discours sur l’adoption que tu souhaites, tu n’auras pas de mal à expliquer tout ça aux différents psy j’en suis sûre.
    Prends bien soin de toi.
    Bises

  6. Bonjour Pivoine,
    Cela fait un petit moment que je te suis et je suis bien triste de lire votre parcours si difficile, les épreuves et les très mauvaises surprises que tu as dû gérer.
    Si je t’écris aujourd’hui c’est parce que ton article me touche car pour moi aussi mon parcours pma a été vite « oublié » par nos proches, car nous avions fait le choix à l’époque de protéger nos familles sur ce que nous avions enduré. Avec le recul, nous nous apercevons que notre parcours est devenu tabou, que nos bébés ont été oubliés (peut être…).
    Je rejoins les précédents commentaires, il en faut de la force pour se relever de tous ces coups durs, de la volonté. Pour ma part, j’ai consulté une psy qui m’a beaucoup aidée à extérioriser mes émotions trop longtemps retenues.
    Si ce sont ces séances avec cet ostéo qui te font du bien, alors continues même si certains sont sceptiques… et écrire aussi… La blogo est un formidable soutien…
    Ces entretiens adoption ne sont pas simples, il faut se mettre à nu… Mais, j’ose croire que nous réussirons… Il faut attendre son tour…
    Bon courage à vous dans vos démarches adoption et vos entretiens et au plaisir de te lire.

  7. Bien que tu aies écrit ce billet dans le creux de la vague on sent que tu as en main de quoi aller mieux. Je rejoins les autres pmettes qui décèlent du positif dans ce que tu écris.
    Pour l’adoption je comprends ce que tu veux dire et c’est normal de passer par des phases de ras-le-bol. C’est vrai que l’on a parfois envie de se révolter contre ce système dans lequel on doit s’interroger sur ce que l’on peut accepter autour de cet enfant qui arrivera dans le meilleur des cas dans quelques années… Je crois que la procédure d’adoption nous force à refaire ce que l’on a déjà fait avec la PMA : renoncer à la simplicité. C’est épuisant mentalement. Mais je suis comme toi persuadée que tu vas reprendre du poil de la bête !
    Sinon, tu prends des vacances ?
    Bises !

  8. Tu sembles apaisée et j’en suis contente. C’est « drôle » enfin si je puis m’exprimer ainsi, parce que tes billets je pourrais les écrire, seulement on est toujours en décalage d’un ou deux mois. Je ressens toutes tes peines, ton desespoir et puis la petite lueur au bout du tunnel.
    Je prie pour le meilleur pour toi, que l’attente ne soit pas si longue, parce qu’on sait attendre oui mais ca va bien quand meme, il me semble qu’on a assez donné. Quand j’en serai là, à l’adoption, c’est à dire quand j’en aurai fini de me faire du mal pour rien (physiquement et psychologiquement) je prendrai tes conseils pour les démarches si tu veux bien.
    Je t’envoie un peu de la force qu’il me reste! Bises

  9. Tout d’abord, je suis rassurée de lire de tes nouvelles, de voir que tu poursuis ton combat, et sache que toutes les PMettes sont derrière toi.
    Tes séances d’osteopathie semblent super, continue.
    J’espère que la visite de l’assistante sociale se passera bien.
    Je t’embrasse très fort

    1. Le processus n’est pas fini mais ça va pour le moment. Sincèrement, je pense que le plus dur c’est d’attendre et d’accueillir un enfant en 48h. Il manque la grossesse dans l’affaire 🙂

  10. Il y a de la vie et de l’espoir dans cet article que je trouve chouette compte tenu de tout ce que tu endures.
    Cette autre voie de l’adoption est un autre combat. Mais si on ne tente rien, rien ne vient. Mais quelle patience et courage
    Je t’admire et t’envoie de tendres baisers
    Continue décrire !

    1. faut pas m’admirer, je fais ce que vous toutes auriez fait dans ma situation: vous battre encore et toujours jusqu’au dernier souffle. J’espère que tu vas bien et la famille aussi. bisous

  11. C’est un combat différent, oui. Mais ton projet de vie reste le même et comme tu as été forte pour la PMA, tu le seras tout autant voire même plus pour l’adoption. Je vais me répéter mais tu ne baisses pas les bras pour accéder à tes (vos) rêves. Tu as toute mon admiration. Bien sûr, il y a tout un cheminement dans ta tête à avoir pour l’accepter et te projeter. L’inconnu fait toujours peur.
    Sois libre d’écrire tes plus sombres pensées.
    Courage.

    1. Pivoine
      Il ya longtemps que je suis ton blog sans faire de commentaire.Mais aujourd’hui j’ai voulu t’apporter un peu de Mon soutien tellement ta douleur est grande.Tu es une femme incroyable , tellement courageuse et malgré ta situation d’aujourd’hui dit toi qu’avec Dieu tout est possible.Quand tout semble perdu et sans issue favorable ,dit toi qu’il ya cet etre supreme en qui tout est posible.Il est celui qui t’a crée et Lui seul connais ton corps mieux que quiconque.Il remettra tous tes organes reproducteurs en place et restaurera ta fertilité.Et tout le Monde verra des merveilles au travers de toi. Il est le seul a avoir le dernier mot dans ta vie. Confie toi en lui et Il ne t’abandonnera point. Un seul mot de lui change ta vie.Je crois de tout Mon Coeur que Tu auras ton enfant par Sa grace et Sa misericorde.Tu es encore jeune et je sais qu’un jour Tu reviendras temoigner de ton miracle Sur ce blog. Je Te souhaite beaucoup de courage pour l’adoption.Et surtout leve tes yeux vers les montages et le secours te viendra de l’Eternel qui a fait les cieux et la terre.Tu enfanteras d’un enfant appelé manassé qui signifie « la consolation » et tous ces moments difficiles ne seront alors que du passé.Reste bénie tres chere ainsi que ton époux.
      Tendrement

      1. merci pour ce gentil mot. C’est étrange comme tu écris. On dirait que tu me connais ou crois m’avoir reconnu? En tout cas tout l’espoir que tu places en l’Eternel et en mon encontre me touche bien que je ne peux m’empêcher de penser « pourquoi certaines femmes pleines d’amour pour l’Éternel restent quand même sans enfants? » J’aurais tendance à penser que tout ne se joue pas aussi simplement. J’ignore ce qui fait que certains ont droit de sortir de la souffrance et d’autres doivent y rester jusqu’au bout.
        J’espère (très égoïstement) faire parti du clan de ceux qui s’en sortent. Le reste relève d’un débat que je n’ai pas envie de mener ici.
        Bises et encore merci pour ce gentil mot

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