Couler: le retour de Pivoine après une très courte absence…

Depuis l’échec du double transfert de la FIV4 j’ai très sérieusement arrêté de me soigner.

Je fais de l’hypertension et j’ai arrêté net de prendre mon comprimé.

Je souffre le martyre toutes les nuits et ne dors que 5-6h mais je ne fais rien. Ce qui énerve Sir qui aimerait pouvoir finir ses nuits au calme.

J’ai envie de pleurer à chaque pique de douleur, à chaque moment calme, en attendant le métro, devant mon écran au travail.

Ce matin, je crois qu’un homme à remarquer mon désarroi alors il m’a fixé et m’a souri comme pour me dire « ça va aller ma P’tite Dame! Séchez donc vos larmichettes… ». Je me suis donc exécutée. Dans le Monde il faut faire bonne figure.

Je n’ai plus envie de m’occuper de mon corps. La psy dit que mon comportement ressemble à celui de quelqu’un qui est en dépression. Le mot est lâché « dépression ». Je crois que je m’y sens bien dans cet état. J’aimerais m’y enfoncer pour y disparaître. Ne plus être là, ça m’inspire et m’effraye.

Je suis bourrée de paradoxe.

Je n’ai plus envie d’être là mais je n’ai pas non plus le courage d’affronter la mort! J’ai toujours eu une peur bleue de la mort. Bien qu’inéluctable elle me tétanise. Faut que j’en parle à ma psy.

Je n’arrive pas à donner du sens à une vie sans enfant. Alors sans perspective je ne vois pas comment avancer. Toutes les autres bonnes raisons de continuer me semblent « creuse, vide de sens ».

Je fais tomber les tabous. Maintenant quand on me demande quand j’envisage d’avoir des enfants je réponds « je ne peux pas avoir d’enfant », parfois j’enfonce le clous par un « je suis stérile ». Je peux vous dire qu’en général les gens n’apprécient pas. Soit la personne m’en veut de l’avoir mise dans une situation très embarrassante soit elle s’énerve que je puisse le lui dire avec autant d’aplomb et me rétorque « faut pas dire ça! Tu n’en sais rien! »…euh, un peu plus que toi connasse! Et je vous parle pas des cons qui vous disent qu’ils connaissaient quelqu’un qui connait quelqu’un …et après avoir adopté pouff elle est tombée enceinte!  Ou dont la dernière FIV avec le dernier embryon s’est terminée par une Happy End à l’américaine avec 2 beaux enfants! -Arfff, je ne rentre pas de le débat! J’acquisse tout simplement. Après tout je n’ai pas été si mal élevé que ça. Je sais me tenir dans le Monde.

Au final on ne parle jamais des couples qui restent réellement sur le carreau alors même qu’ils sont majoritaires. Ils font peur je suppose.

On aime que les histoires qui finissent bien…Moi la première, of course!

La mienne ne finira pas bien, je le sais…J’ai de l’intuition et je suis plus tôt douée!

Elle se finira d’autant plus mal que je traverse ça seule. Personne ne mesure ma souffrance et chacun trace son chemin. Normal, me diriez vous! Pas si simple quand même. C’est donc silence radio autour de moi!

J’en déduis que face à la mort quoi qu’on fasse on est vraiment seul. J’ai toujours eu une peur bleue d’être seule au moment de passer l’arme à gauche.

J’en ai la confirmation: ça aussi il faudra le vivre seule.

Je deviens toxique pour les autres. Oui, je sens bien que même pour les autres pmettes je suis toxique car sans espoir.

Je ne lutte plus. Je n’en ai plus envie. C’était l’échec de trop. Et pourtant, si le dernier embryon se décongèle j’irai me le faire transférer (un terme plus vulgaire me vient mais je vais vous épargner ça!). Au tiroir le mioche qui veut pas de moi comme mère même si c’est uniquement que pour 3-4 jours avant de se faire la mal comme tous les autres, je vous rassure!

C’est horrible, jetez moi la pierre, lâchez vous, mais j’ai tellement peur de m’infecter car c’est un frozen et que toutes mes infections ont eu lieu avec des frozen,  que du coup j’espère (et j’ai honte hein) qu’il ne supporte pas le retour à des températures normales. Je sais qu’il ne prendra pas alors je ne veux pas être infecté pour rien, je ne me sens pas capable de me relever de ça. D’ailleurs, je sais que plus d’un an après mon corps et mon esprit ne s’en sont toujours pas remis.Mais je sais aussi que je vais regretter d’avoir espéré ça parce que je suis incapable de gérer mes émotions.

Je coule donc…doucement mais surement. Mon prochain cycle approche avec donc les perspectives du transfert  mi-juillet.

J’ai quand même fait ma demande d’entente pour une 5eme FIV cet hiver dans le nouveau centre de Dr Fortiche. Encore un centre que je n’ai pas visité. Enfin à condition de ne pas s’infecter en juillet sinon je suis virée sur  le champ.

L’endométriose m’a tuée et ma psy qui ose me dire que l’endométriose est une maladie courante (pour ne pas dire banale) et que « des femmes arrivent à avoir des enfants ». EUH OUI MAIS BEAUCOUP RESSORTENT D’UNE LONGUE LUTTE MÉDICALE SANS ENFANT… merde!merde et re merde!

 

 

 

 

La fin de ce blog!# Mise à jour

Ce blog m’aura permis:

  • de prendre beaucoup de plaisir dans le partage;
  • de rencontrer des gens formidables (et un peu moins formidables, des humains en somme!);
  • de recevoir beaucoup de bienveillance et de soutiens lorsque j’étais au fond du trou (et malheureusement je l’ai été souvent);
  • de trouver une bouée à la mer pour ne pas me noyer (pour moi qui ne sais pas nager cela m’a été salutaire)- #vousAVEZ ETE FORMIDABLe, #Merciinfiniment;
  • de ne pas me sentir seule dans cette guerre, #lapireguerredemavie;
  • de trouver de l’espoir dans VOS parcours (j’aurais tant aimé vous en donner aussi mais ça ne sera pas possible);
  • ….encore tellement d’autres choses que je n’arrive pas à nommer.

Mais il est temps pour moi de tirer ma révérence. Il est temps pour moi de trouver d’autres raisons de vivre. Il est temps pour moi de ne plus regarder mes parents en me disant qu’après eux et moi c’est fini… Parce qu’après eux et moi, il y a mon frère et mes sœurs qui je l’espère auront des enfants. Mes neveux et nièces auront aussi une partie de moi et une partie de mes parents. L’histoire familiale ne se  poursuivra pas par moi mais elle se poursuivra, c’est ce qui compte.

Je sais qu’il y a d’autres solutions à la PMA pour devenir parents: Adoption, Mère-Porteuse… Mais après 7 ans à ne penser qu’à ça chaque matin, chaque nuit, j’ai envie que ma vie se poursuive autrement.

Je voudrais pouvoir me dire sur mon lit de mort: »j’ai eu une belle vie ». Je ne veux pas continuer à gâcher les plus belles années de ma vie.

Je fais ce choix seule, sans Sir, mais je le laisserai prendre son envol loin de moi s’il le faut.

Aujourd’hui, je prends (modification) j’aurais aimé  réussir à prendre la décision définitive d’arrêter la PMA. Sir voudrait que l’on transfert le dernier embryon mais je n’en vois pas l’utilité. Je ne veux plus revivre cet espoir et cette chute. Qui au passage ne fait plus aussi mal qu’avant. C’est la bonne nouvelle: avec le temps on s’endurcit..Il y a une forme de résilience.

Définition « Résilience: en psychologie, il s’agit de la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité. C’est une combinaison de force intérieure, d’appui de l’extérieur et d’apprentissage à partir de l’expérience acquise.

En s’exprimant à propos de la résilience individuelle, les psychologues parlent de« résistance à la destruction » et de « capacité de reconstruction ».  Résister et reconstruire s’apparentent aux mécanismes de régulation qu’on retrouve dans les processus d’homéostasie.  Il s’agit bien de ramener l’ensemble à son état initial, d’assurer sa survie ou de retrouver l’équilibre.  Il se pourrait pourtant que le choc interne ou externe soit l’opportunité pour l’émergence d’un nouvel ensemble, une transformation totale en quelque sorte, une rupture.  »

Bref, ça me va bien de résister malgré les dégâts de la PMA et d’essayer de construire une vie sans la PMA et donc sans enfant.

Je sais que ça va être dur mais je vais rebondir. Il faut juste que je me laisse du temps. Du temps pour que le cerveau comprenne et que le cœur accepte…

C’est aussi pour ça que j’envisage d’arrêter ce blog. Ici, j’espère toujours vous annoncer une bonne nouvelle.

Je ne vais pas le supprimer car je pense que mon histoire à sa place pour celles et ceux qui cherchent des réponses à des problématiques similaires à la mienne. Mais je n’ai juste plus de raison d’écrire…

Je reviendrai peut être vous dire où j’en suis coté « résilience », on  verra, je ne m’interdis rien…

Je vous dis au revoir (vous noterez que ce n’est pas un Adieu 😉 ) et vous souhaite une issue plus belle.

Encore Merci à tous…

 

 

PETITE MISE A JOUR:

en lisant vos commentaires (encore merci à tous), je réalise que je ne me suis pas correctement exprimé. J’avais mal et il fallait que je fasse quelque chose.

Donc pour la faire courte: je ne suis pas une héroïne de la PMA, je ne suis pas forte bien au contraire. J’ai envie d’abandonner mais Sir et ma copine de galère m’ont convaincu de laisser une chance au dernier embryon. J’espère que le nouveau psy (je vais finir par en trouver une qui me convienne) m’aidera à entreprendre ce chemin de la résilience mais j’en suis TRES TRES LOIN. Mon cerveau ne veut pas y retourner mais mon coeur ne l’écoute pas pour le moment. Voilà, je voulais juste être clair sur ce qui va se passer dans les prochains jours…

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