L’obsession, une vie sous obsession.

L’obsession, définition: idée répétitive et menaçante, s’imposant de façon incoercible à la conscience du sujet, bien que celui-ci en reconnaisse le caractère irrationnel.

Ce mot définit parfaitement mon état d’esprit depuis un certain nombre d’année maintenant. Je vis avec cette compagne de manière plus ou moins discrète en fonction des jours, des mois, des années et des événements.

J’ai cru au départ qu’avec le temps cette obsession se dissiperait mais il n’en fut rien. Bien au contraire, les choses ne font que s’aggraver. C’est une compagne collante. Mon entourage la connait bien mais il ne comprend pas toujours les raisons de sa présence à mes côtés. A dire vrai, moi non plus je ne comprends pas toujours pourquoi elle me suit ainsi,  sans relâche. Je feins souvent la séparation en publique, histoire de me redonner une vie sociale. Et pourtant même lorsqu’elle est invisible pour les autres, elle reste bien présente en moi.

Mon obsession vous la connaissez tous ici; le désir de grossesse et de parentalité. L’un n’allant pas vraiment sans l’autre dans mon esprit. Bien que je reste convaincue que je serai capable d’être parent sans avoir été enceinte. C’est juste que ce n’est pas le premier chemin que j’ai envie d’emprunter.

Cette obsession m’accompagne depuis tant d’années maintenant que je ne sais comment on vit sans elle. C’est une sorte de troisième jambe indispensable aux deux autres pour tenir debout, pour avancer.

Pourtant si j’ai eu envie d’écrire sur elle aujourd’hui c’est bien parce que je sens qu’avec elle à mes côtés ce n’est pas la vraie vie. Je sens qu’avec elle, je ne suis pas réellement dans notre monde. J’enrage, je brûle à petit feu, je meurs chaque jours un peu plus, je m’abandonne toujours un peu plus à elle pour un jour disparaître en elle.

Mon conscient m’implore de réagir, de le sauver, de la quitter. Mais rien n’y fait, où que j’aille elle avec moi, elle est en moi, mon obsession.

Je crève la gueule ouverte, les tripes à l’air pour elle.

Mais comment vivre autrement et sans elle?

Je cherche encore, je souffre toujours…

L’envie d’écrire…(de manière très décousue)

Je suis en vacances et pourtant je pense beaucoup à vous, à la PMA, évidemment à mon fils que j’aurais tant aimé emmener ici, au soleil. Je ne sais toujours pas si je pourrais refaire une Fiv avant cet été, ou avant septembre ni même un jour d’ailleurs . Je sais que l’inconnu me pèse , comme à nous toutes et comme toujours dans pareil cas. Je sais qu’au détour d’un joli paysage entre 3 crampes qui annoncent l’arrivée imminente de mes règles je ne peux m’empêcher de penser à la pma qui régit ma vie, notre vie. J’aimerais pouvoir vous dire qu’être loin de chez moi me rend plus joyeuse mais il n’en est rien. Je pense en mode:#jesuisenboucledansmatete #j’aiqu’uneenvie:êtrechezmoi

#jesuistriste

#jesuisvide

Etc…

Bref, la date du retrait des polypes approche et mes angoisses grandissent. Je n’ai pas envie de retourner au bloc, d’être endormi alors que j’adore ça😂. J’ai peur de vivre une autre merde après l’opération. J’en ai marre.

Je me sens seule et vieille. J’ai 35 ans et on ne me dit plus que je « suis jeune » mais que je « fais jeune » la nuance a toute son importance. 

J’ai l’impression d’avoir cligné des yeux et d’y être. D’être arrivée au bout de ma jeunesse sans l’avoir vraiment vécu. Notre vie est remplie de problème, d’inquiétude depuis 10 ans maintenant que j’ai le sentiment d’être passé à côté de l’existence. 

Ces vacances sont étranges à plusieurs égards:

-partir sans enfant, le deuil pour seul consolation;

-l’absence de projet d’avenir. Je m’explique. Les vacances sont le moment favoris pour nous d’imaginer ce que sera notre vie dans les prochains mois/années. On rentre en général avec une liste de rêves. Mais là on est comme bloqué. On parle uniquement de ce qui nous entoure. Seul le temps et l’espace immédiat semblent pouvoir faire l’objet de nos conversations. C’est lourd pour moi parce que je n’y trouve pas les ressources pour avancer en rentrant. 

Je pense beaucoup à ces femmes pour qui il est facile de procréer. Je ressens de nouveau de la jalousie. J’espère que ça ne va durer. 

Je suis toujours en colère 😡 contre la vie qui m’oblige à vivre toutes ces épreuves. Je ne comprends pas pourquoi mon corps ne s’est pas réparé. Pourquoi je n’ai pas droit à cette chance. 

L’autre jour j’ai demandé pardon à mon corps de l’avoir emmener en pma et de l’avoir bousillé en pma. Car oui, moi mon corps je l’ai tué en pma quand d’autres l’ont réparé en pma. J’avais de l’endometriose? Et alors ? Si seulement j’avais pris mon mal en patience, avec mes 2 trompes en bon état (avant que la pma ne les détruisent) j’aurais pu connaître le miracle. Mais maintenant je sais que les miracles me sont physiquement interdits et c’est tellement frustrant, tellement rageant. Je hais ma vie! 

Voilà un florilège de mes pensées, parfois absurdes, en vacances…