Fiv 5: les angoisses (en vrac…)

Brrrr... Il faut une petit laine ce matin :)

Finalement nous avons eu le droit de repartir en Fiv. J’attendais ce moment depuis janvier ( pour être honnête avant l’enterrement de A). Mais l’infection, la perte de poids, les taux d’AMH à 0,89, l’endometriose et ses éternelles questions(etc.) ont eu raison de nous.

Cette Fiv 5 ne se fait pas dans la sérénité car nous savons qu’elle sera la dernière ou l’avant-dernière. J’ai compris que j’étais arrivée au bout du chemin pour mon corps et mon esprit. J’ai besoin de reprendre la main sur ma vie quelque soit l’issue. Des années de souffrance mentale m’attendent, je le sais. Mais je me focaliserai dessus après la fin officielle des essais.

Aujourd’hui, je déclenche à l’ovitrelle après 13 jours de stim sous 450 u de Gonal F et 6 ampoules de cetrotides en simultané ( soit 3 piqures par jour). La récolte s’annonce médiocre, environ 5 follicules à l’écho d’acceptable pour Pr Fortiche contre 14 qui avait été repéré en début de semaines entre 7 et 13 mm par un autre médecin. Mon moral est donc au plus bas.

Jour J: La ponction

Je n’ai pas dormi. J’ai suffoqué toute la nuit. Depuis que j’ai accouché j’ai développé une angoisse les jours qui précèdent le passage au bloc.

Le passage dans la salle de préparation/de réveil a été très difficile. Je suppose que c’est le coté très médical de cette salle qui m’a fait suffoquer. J’ai donc eu une belle crise d’angoisse avec la sensation d’étouffer et les larmes. Il a fallu faire venir Sir à l’entrée pour qu’il me console et m’aider à reprendre ma respiration. Heureusement qu’il était là. Il a toujours ce coté rassurant que j’aime tant dans ces moments d’angoisses absolues. J’ai retrouvé dans son regard cette force et cette confiance en moi qu’il avait eu durant l’accouchement de A. Une fois calmée, je suis retournée dans la salle mais j’ai été incapable de m’allonger. Alors j’ai fait les cents pas dans les toilettes en attendant mon tour.

Arrivée au bloc, le Pr Fortiche avait du être discrètement informé de mon état. J’ai donc eu droit à un petit relaxant dans ma perfusion d’AG.

La salle de ponction est plus agréable avec sa lumière tamisée durant la préparation. J’imagine bien qu’ils doivent mettre les pleins phares une fois que la patiente est endormie. Ce jour là je n’étais pas confiante quant au résultat de la ponction  car avant m’endormir le Pr Fortiche m’a redit qu’il n’était vraiment pas certain de la « qualité de la récolte et de son nombre ». Pour rappel, il tablait sur 5 follicules. Alors avant de m’endormir je me suis auto-rassurée en lui disant que ce qui comptait c’était d’avoir un bel embryon qui s’accroche et pas le nombre.

Au réveil, de retour dans cette fameuse salle j’étais comme une dingue. J’arrêtais pas de parler. Je me suis excusée pleins de fois pour ma crise et j’ai expliqué notre parcours aux infirmières. J’en ai fait profiter à toutes les femmes qui attendaient sagement leur tour. L’anesthésiste est venue me voir et m’a annoncé la bonne nouvelle. Ils avaient réussi à obtenir 14 follicules. J’étais ravie mais j’avais qu’une obsession à ce moment précis: me lever et quitter cette salle. J’ai du attendre encore un peu et puis le Pr Fortiche est venu également me dire que tout s’était très bien passé. Il a confirmé le nombre que j’ai feint de découvrir. Mais il m’a tout de suite recadrée. Il fallait absolument pas s’emballer, il n’est pas sur de leur qualité. Donc comme il navigue à vue, comme il a aimé me le répéter durant cette FIV, il préfère que je ne m’emballe pas et que je me prépare au pire. C’est donc avec cette idée là que je suis enfin sortie de la fameuse salle de réveil. Sir lui était content. C’est un score jamais atteint dans nos précédentes FIV. Depuis la seconde FIV on était plus tôt abonné aux 4/6 follicules.

On est reparti avec les ordonnances pour un transfert frais à J2 car il ne pensait pas que j’aurais beaucoup d’embryons donc il n’était pas question de les laisser maturer.

J2 post ponction:

Le transfert étant prévu dans l’après-midi, je suis allée le matin voir mon acupuncteur pour préparer au mieux la nidation. Vers 11h30, mon téléphone a sonné. Je reconnais le numéro de Foch. Je décroche en me disant que ça sentait le roussi. C’est le Pr Fortiche en personne qui m’appelle. Il me rassure tout de suite en m’indiquant que c’est pour une bonne nouvelle. J’ai bien mis deux minutes à lui dire que mon coeur s’était emballé quand même avant le laisser parler. Il m’annonce qu’on ne fera pas de transfert finalement, que nous avons 11 embryons à J2 et que du coup vu mon endométriose et les dosages hormonaux le terrain sera plus favorable avec un transfert d’un J5/6 congelé en septembre. Il conclut quand même par un petit truc négatif en me rappelant qu’il ignore toujours ce que vont donner ces embryons en terme de qualité à J5 et qu’il a un risque qu’il ne reste aucun embryon ce week-end.

C’est donc avec cette demie bonne nouvelle que je raccroche pour ensuite annoncer à Sir qu’il n’a pas besoin de me retrouver à l’hôpital pour le transfert.

J’attends donc avec impatience le nombre de congelé la semaine prochaine… Je devrais donc publier cet article une fois cette information obtenue.

Jour de congélation:

Voilà, les résultats tant attendu sont tombés. Je suis sous le choc. Je suis au fond du trou. J’ai d’abord pleuré longuement dans la rue après la découverte du mail. Et puis, par la force des choses je me suis calmée. Il n’y a que 3 embryons qui auront été congelé. J’oscille entre triste et colère. Tous ces efforts pour qu’ils décident de n’en congeler que 3! Je sais que leur critère sont très drastiques mais j’ai du mal à l’accepter car nous avions prévenu la biologiste qu’il s’agissait de notre dernière ou avant dernière tentative. Elle nous avait expliqué qu’en réalité ils ne savaient pas vraiment prédire si un J2 qui ne survit pas en dehors de l’utérus n’aurait pas survécu dans mon utérus. Conclusion, vu que c’est la fin du parcours, il valait peut être multiplier les transfert. Mais je ne crois pas qu’il y ait eu de recommandation au final.  Passer de 11 embryons à J2 à 3 à J5 c’est juste horrible.

Je m’étais dit qu’avec 5 embryons congelés cela nous aurait laissé une vraie chance. Mais là… Je sais que ce n’est pas le cas. Là je sais que ça va être la roulette russe. Là, les espoir ne sont plus permis. Là, la fin est à portée de semaines.  Là, le deuil de l’enfant bio devra bientôt commencé.

Je vous ai dit que j’étais arrivée au bout du chemin? Et bien, on y est! J’ai plus la force. Je sens que Sir n’est pas encore prêt alors pour lui j’irais refaire cette 6eme FIV qui ne donnera rien. Encore faut-il que le Pr Fortiche veuille bien nous reprendre pour une 6eme FIV, il n’a plus vraiment l’air de nous apprécier. Je suppose qu’on fait chuter les stat de l’hôpital. Je me demande si je vais pas anticiper et reprendre rdv dans le précédent centre PMA pour la 6eme FIV.

Pourquoi faut-il que je sois toujours la pauvre fille qui fait pitié? Est-ce ma façon de me comporter dans la vie qui me conduit à tous ces échecs? Dieu me hait-il à ce point? Il est vrai que je prie peu (pour ainsi dire jamais, en tout cas pas sous la forme classique. Mais tout de même!).

Je crois que c’est ça: Dieu me déteste, #minuteautoflagellation. A moins que ce soit amplement mérité parce que je n’ai pas su protéger notre unique enfant. 

Dieu me déteste c’est sur! S’il m’aimait il comprendrait que maintenant je n’ai plus la force de relever les défis qu’il m’impose. S’il m’aimait il m’entendrait lui dire dans un mauvais anglais (va savoir pourquoi j’aurais envie de lui parler dans cette langue que je ne maîtrise absolument pas): « Enough, enough enough   ENOUGHHHHHHHHH!  Sérieusement Dieu, je n’ai plus de mouchoir, plus assez de larmes et à mon âge quand on pleure les yeux restent gonflés trop longtemps! « 

Bon maintenant, je n’ai guère d’autres choix que d’attendre septembre. Je vais aller faire le transfert avec le risque que la décongélation se passe mal.

Je vous ai dit que je n’en pouvais plus? …

 

 

 

 

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