Les sentiments 

Je réfléchis à écrire sur mes  différents sentiments depuis que nous avons repris le chemin de la Fiv 5. Alors je vais essayer de mettre des mots sur mes maux pour m’en libérer un peu.

Comme Je l’ai écrit précédemment cette Fiv 5 j’y pense depuis la mort de notre fils. À peine lui avais-je dit adieu que je pensais à repartir en pma. J’étais lucide quant à mon incapacité à gertruder. Oui j’invente des mots. 

Pourtant la famille (au sens large c’est à dire les tantes etc) n’a eu de cesse de m’assurer que dans 3 mois je serai de nouveau enceinte. Tous les  » bons conseils » m’ont été prodigué afin que je puisse devenir une Gertrude dans les 3 mois ( notamment refuser de prendre la pilule). J’ai bien ri intérieurement 🙀 enfin lorsque je n’avais pas envie de les coller contre un mur pour leur crier que j’étais une putain d’anomalie dans cette grande famille où tout le monde se reproduit allègrement même après 40 ans. Mais passons. 

Aujourd’hui, je/nous sommes en plein dans cette Fiv 5 tant attendu. Les résultats sont ceux que vous connaissez et j’attends gentillement le transfert en septembre. D’un côté je suis triste de ne pas avoir pu faire un transfert en août d’un autre je suis ravie que les choses se soient goupillées ainsi m’évitant en cas de grossesse les similarités de dates avec la grossesse de A.  C’est donc avec un certain  soulagement que j’attends septembre. Toutefois, un sentiment domine depuis cette reprise: la solitude. Je m’explique. Jusqu’à présent, grâce à ce blog, j’avais le sentiment d’être dans une sorte de normalité. La normalité des pmettes. Mais depuis la mort de A. je me sens seule dans ce parcours. Je me sens vieille dans ce parcours. J’ai l’impression que je m’acharne à obtenir de Dame Nature quelque chose qu’elle estime devoir me priver. Mais le sentiment le plus fort en ce moment c’est la solitude. Mon Dieu que je me sens SEULE! Seule avec mes espoirs, seule avec mes doutes, seules avec mes peurs, seule avec mes questions. Et pourtant, Sir est évidemment là, mais lui non plus ne va pas bien et il travaille contrairement à moi ( je reprends le travail en septembre. J’en étais incapable plus tôt.) Et pourtant, j’ai toujours mon blog et quelques copines pmettes (qui heureusement sont toutes enceintes et Très attentives à mes jérémiades. Merci à elles de me supporter.😘). Et pourtant, j’ai quelques amis à qui je peux dire que je ne vais pas bien. 

Cela va faire 8 mois que je pleure mon fils. J’aurais passé plus de temps à le pleurer et m’occuper de sa tombe qu’à le porter dans mon ventre. Quel genre de mère cela fait de moi? Une mère comme une autre je suppose. Une mère qui fait de son mieux et qui malgré tout culpabilise un maximum. 

Avec cette solitude vient le sentiment de trahison. J’ai le sentiment de trahir A. en essayant d’avoir un autre enfant. Je sais c’est stupide. Mais c’est ce que je ressentais pendant la stim. J’avais aussi le sentiment d’être un dinosaure de la PMA. J’ai arrêté la pilule en 2009 et débuté les essais sérieusement en 2010! Ça me file le vertige quand j’y songe. 

Je me sens donc vieille et seule.  

Fiv 5: les angoisses (en vrac…)

Brrrr... Il faut une petit laine ce matin :)

Finalement nous avons eu le droit de repartir en Fiv. J’attendais ce moment depuis janvier ( pour être honnête avant l’enterrement de A). Mais l’infection, la perte de poids, les taux d’AMH à 0,89, l’endometriose et ses éternelles questions(etc.) ont eu raison de nous.

Cette Fiv 5 ne se fait pas dans la sérénité car nous savons qu’elle sera la dernière ou l’avant-dernière. J’ai compris que j’étais arrivée au bout du chemin pour mon corps et mon esprit. J’ai besoin de reprendre la main sur ma vie quelque soit l’issue. Des années de souffrance mentale m’attendent, je le sais. Mais je me focaliserai dessus après la fin officielle des essais.

Aujourd’hui, je déclenche à l’ovitrelle après 13 jours de stim sous 450 u de Gonal F et 6 ampoules de cetrotides en simultané ( soit 3 piqures par jour). La récolte s’annonce médiocre, environ 5 follicules à l’écho d’acceptable pour Pr Fortiche contre 14 qui avait été repéré en début de semaines entre 7 et 13 mm par un autre médecin. Mon moral est donc au plus bas.

Jour J: La ponction

Je n’ai pas dormi. J’ai suffoqué toute la nuit. Depuis que j’ai accouché j’ai développé une angoisse les jours qui précèdent le passage au bloc.

Le passage dans la salle de préparation/de réveil a été très difficile. Je suppose que c’est le coté très médical de cette salle qui m’a fait suffoquer. J’ai donc eu une belle crise d’angoisse avec la sensation d’étouffer et les larmes. Il a fallu faire venir Sir à l’entrée pour qu’il me console et m’aider à reprendre ma respiration. Heureusement qu’il était là. Il a toujours ce coté rassurant que j’aime tant dans ces moments d’angoisses absolues. J’ai retrouvé dans son regard cette force et cette confiance en moi qu’il avait eu durant l’accouchement de A. Une fois calmée, je suis retournée dans la salle mais j’ai été incapable de m’allonger. Alors j’ai fait les cents pas dans les toilettes en attendant mon tour.

Arrivée au bloc, le Pr Fortiche avait du être discrètement informé de mon état. J’ai donc eu droit à un petit relaxant dans ma perfusion d’AG.

La salle de ponction est plus agréable avec sa lumière tamisée durant la préparation. J’imagine bien qu’ils doivent mettre les pleins phares une fois que la patiente est endormie. Ce jour là je n’étais pas confiante quant au résultat de la ponction  car avant m’endormir le Pr Fortiche m’a redit qu’il n’était vraiment pas certain de la « qualité de la récolte et de son nombre ». Pour rappel, il tablait sur 5 follicules. Alors avant de m’endormir je me suis auto-rassurée en lui disant que ce qui comptait c’était d’avoir un bel embryon qui s’accroche et pas le nombre.

Au réveil, de retour dans cette fameuse salle j’étais comme une dingue. J’arrêtais pas de parler. Je me suis excusée pleins de fois pour ma crise et j’ai expliqué notre parcours aux infirmières. J’en ai fait profiter à toutes les femmes qui attendaient sagement leur tour. L’anesthésiste est venue me voir et m’a annoncé la bonne nouvelle. Ils avaient réussi à obtenir 14 follicules. J’étais ravie mais j’avais qu’une obsession à ce moment précis: me lever et quitter cette salle. J’ai du attendre encore un peu et puis le Pr Fortiche est venu également me dire que tout s’était très bien passé. Il a confirmé le nombre que j’ai feint de découvrir. Mais il m’a tout de suite recadrée. Il fallait absolument pas s’emballer, il n’est pas sur de leur qualité. Donc comme il navigue à vue, comme il a aimé me le répéter durant cette FIV, il préfère que je ne m’emballe pas et que je me prépare au pire. C’est donc avec cette idée là que je suis enfin sortie de la fameuse salle de réveil. Sir lui était content. C’est un score jamais atteint dans nos précédentes FIV. Depuis la seconde FIV on était plus tôt abonné aux 4/6 follicules.

On est reparti avec les ordonnances pour un transfert frais à J2 car il ne pensait pas que j’aurais beaucoup d’embryons donc il n’était pas question de les laisser maturer.

J2 post ponction:

Le transfert étant prévu dans l’après-midi, je suis allée le matin voir mon acupuncteur pour préparer au mieux la nidation. Vers 11h30, mon téléphone a sonné. Je reconnais le numéro de Foch. Je décroche en me disant que ça sentait le roussi. C’est le Pr Fortiche en personne qui m’appelle. Il me rassure tout de suite en m’indiquant que c’est pour une bonne nouvelle. J’ai bien mis deux minutes à lui dire que mon coeur s’était emballé quand même avant le laisser parler. Il m’annonce qu’on ne fera pas de transfert finalement, que nous avons 11 embryons à J2 et que du coup vu mon endométriose et les dosages hormonaux le terrain sera plus favorable avec un transfert d’un J5/6 congelé en septembre. Il conclut quand même par un petit truc négatif en me rappelant qu’il ignore toujours ce que vont donner ces embryons en terme de qualité à J5 et qu’il a un risque qu’il ne reste aucun embryon ce week-end.

C’est donc avec cette demie bonne nouvelle que je raccroche pour ensuite annoncer à Sir qu’il n’a pas besoin de me retrouver à l’hôpital pour le transfert.

J’attends donc avec impatience le nombre de congelé la semaine prochaine… Je devrais donc publier cet article une fois cette information obtenue.

Jour de congélation:

Voilà, les résultats tant attendu sont tombés. Je suis sous le choc. Je suis au fond du trou. J’ai d’abord pleuré longuement dans la rue après la découverte du mail. Et puis, par la force des choses je me suis calmée. Il n’y a que 3 embryons qui auront été congelé. J’oscille entre triste et colère. Tous ces efforts pour qu’ils décident de n’en congeler que 3! Je sais que leur critère sont très drastiques mais j’ai du mal à l’accepter car nous avions prévenu la biologiste qu’il s’agissait de notre dernière ou avant dernière tentative. Elle nous avait expliqué qu’en réalité ils ne savaient pas vraiment prédire si un J2 qui ne survit pas en dehors de l’utérus n’aurait pas survécu dans mon utérus. Conclusion, vu que c’est la fin du parcours, il valait peut être multiplier les transfert. Mais je ne crois pas qu’il y ait eu de recommandation au final.  Passer de 11 embryons à J2 à 3 à J5 c’est juste horrible.

Je m’étais dit qu’avec 5 embryons congelés cela nous aurait laissé une vraie chance. Mais là… Je sais que ce n’est pas le cas. Là je sais que ça va être la roulette russe. Là, les espoir ne sont plus permis. Là, la fin est à portée de semaines.  Là, le deuil de l’enfant bio devra bientôt commencé.

Je vous ai dit que j’étais arrivée au bout du chemin? Et bien, on y est! J’ai plus la force. Je sens que Sir n’est pas encore prêt alors pour lui j’irais refaire cette 6eme FIV qui ne donnera rien. Encore faut-il que le Pr Fortiche veuille bien nous reprendre pour une 6eme FIV, il n’a plus vraiment l’air de nous apprécier. Je suppose qu’on fait chuter les stat de l’hôpital. Je me demande si je vais pas anticiper et reprendre rdv dans le précédent centre PMA pour la 6eme FIV.

Pourquoi faut-il que je sois toujours la pauvre fille qui fait pitié? Est-ce ma façon de me comporter dans la vie qui me conduit à tous ces échecs? Dieu me hait-il à ce point? Il est vrai que je prie peu (pour ainsi dire jamais, en tout cas pas sous la forme classique. Mais tout de même!).

Je crois que c’est ça: Dieu me déteste, #minuteautoflagellation. A moins que ce soit amplement mérité parce que je n’ai pas su protéger notre unique enfant. 

Dieu me déteste c’est sur! S’il m’aimait il comprendrait que maintenant je n’ai plus la force de relever les défis qu’il m’impose. S’il m’aimait il m’entendrait lui dire dans un mauvais anglais (va savoir pourquoi j’aurais envie de lui parler dans cette langue que je ne maîtrise absolument pas): « Enough, enough enough   ENOUGHHHHHHHHH!  Sérieusement Dieu, je n’ai plus de mouchoir, plus assez de larmes et à mon âge quand on pleure les yeux restent gonflés trop longtemps! « 

Bon maintenant, je n’ai guère d’autres choix que d’attendre septembre. Je vais aller faire le transfert avec le risque que la décongélation se passe mal.

Je vous ai dit que je n’en pouvais plus? …

 

 

 

 

Cet enfant que je ne connais pas: mon fils

Je n’ai pas beaucoup écrit sur A., ce qui pourrait paraître étrange. Mais à bien y réfléchir pas tant que ça. Je veux dire, oui j’aurais pu écrire, vous livrer mes pensées les plus tristes, mais… Mais j’aurais écrit quoi? Parce que finalement, on a vite fait le tour du sujet. C’est bien là toute la difficulté de ce deuil.

Je ne sais pas quoi dire sur A. à proprement parler. Je ne peux pas parler de son caractère, des choses qu’il aimait, des aventures vécues ensemble et qui me manquent. Je ne le peux pas tout simplement parce qu’on a pas eu le temps de se créer une histoire à 2 et à 3 (avec Sir). Finalement, je ne sais rien de lui, mon fils. Il a un prénom choisi avec beaucoup d’amour depuis plusieurs années. Ce prénom porte tout l’espoir d’une histoire qu’on rêvait d’écrire à trois. Mais aujourd’hui, ce fils qui porte ce prénom n’a pas eu le temps d’écrire l’histoire avec nous.

Je suis la seule responsable, je le sais et j’essaie chaque jour de me pardonner. Je suis responsable parce que c’est mon corps qui a failli. Mais je n’ai pas voulu ça évidement. Donc je suis autorisée à me pardonner. En attendant, lorsque je pense à mon fils, tel qu’il a existé réellement, c’est le vide. Il n’y a rien à dire. A sa naissance, il n’a pas pleuré (trop faible pour ça, le peu d’énergie était consacré à la respiration). Nous en revanche on a tellement pleuré lorsqu’on nous l’a apporté que mes yeux sont incapables de se souvenir de son visage. Donc finalement quand je pense à lui, je pense que ce n’est pas vraiment à lui, A., que je pense, mais à notre fils A. celui de notre histoire imaginaire qui est mort avec le vrai A. qu’on ne connait pas. Probablement que le vrai A. aurait eu un caractère très différent de celui qu’on lui a attribué. Probablement qu’il aurait eu cette indépendance qu’on lui souhaitait tant, tout simplement parce qu’on l’aurait élevé ainsi.

Probablement…

C’est compliqué comme deuil.

Et pourtant de l’amour, j’en ressens plein. J’en ai ressenti lorsqu’il était dans mon ventre. Je me suis découverte des sentiments nouveaux. J’ai eu envie de le protéger du monde, des autres. J’ai fait au mieux je pense. C’était simple, cela s’imposait à moi. Et pourtant, je n’ai pas su le protéger de son unique ennemi à ce moment là: moi, sa mère, moi ce corps incapable. J’ai failli par excès de confiance en la vie. J’ai cru jusqu’à la dernière minute qu’une solution serait trouvé. Je lui disais adieu sans y croire. Durant les 12h de travail, une petite voix me disait: il va y avoir un miracle.

Mais ce ne fut pas le cas.

Aujourd’hui le seul lien qu’il me reste avec A., le seul que je crois créer, c’est autour de sa tombe. Nous lui avons commandé une jolie tombe en pierre. Il est chic mon fils dans sa dernière demeure et finalement la seule en ce monde qu’il aura connu.

C’est étrange d’acheter une tombe quand vos amies achètent le fameux lit que vous aviez repéré avec la déco qui va avec. Notre déco à nous elle est dans un cimetière.

Je ne le connais pas ce fils mais je lui parle comme lorsqu’il était dans mon ventre. J’espère qu’il repose en paix et en même temps j’aimerais qu’il ait une chance d’avoir une vie. Je ne sais pas si au ciel il aura la possibilité de grandir, d’apprendre des choses, d’aimer etc… c’est quoi l’éternité d’un être qui n’a rien connu avant?

Alors aujourd’hui, je pense à la suite. J’espère que ce fils que je n’ai pas eu la chance de connaitre et d’élever ne m’en veut pas d’essayer d’avoir un second enfant.

J’espère que quand j’irai à mon tour au ciel nous nous retrouverons.

 

 

 

L’obsession, une vie sous obsession.

L’obsession, définition: idée répétitive et menaçante, s’imposant de façon incoercible à la conscience du sujet, bien que celui-ci en reconnaisse le caractère irrationnel.

Ce mot définit parfaitement mon état d’esprit depuis un certain nombre d’année maintenant. Je vis avec cette compagne de manière plus ou moins discrète en fonction des jours, des mois, des années et des événements.

J’ai cru au départ qu’avec le temps cette obsession se dissiperait mais il n’en fut rien. Bien au contraire, les choses ne font que s’aggraver. C’est une compagne collante. Mon entourage la connait bien mais il ne comprend pas toujours les raisons de sa présence à mes côtés. A dire vrai, moi non plus je ne comprends pas toujours pourquoi elle me suit ainsi,  sans relâche. Je feins souvent la séparation en publique, histoire de me redonner une vie sociale. Et pourtant même lorsqu’elle est invisible pour les autres, elle reste bien présente en moi.

Mon obsession vous la connaissez tous ici; le désir de grossesse et de parentalité. L’un n’allant pas vraiment sans l’autre dans mon esprit. Bien que je reste convaincue que je serai capable d’être parent sans avoir été enceinte. C’est juste que ce n’est pas le premier chemin que j’ai envie d’emprunter.

Cette obsession m’accompagne depuis tant d’années maintenant que je ne sais comment on vit sans elle. C’est une sorte de troisième jambe indispensable aux deux autres pour tenir debout, pour avancer.

Pourtant si j’ai eu envie d’écrire sur elle aujourd’hui c’est bien parce que je sens qu’avec elle à mes côtés ce n’est pas la vraie vie. Je sens qu’avec elle, je ne suis pas réellement dans notre monde. J’enrage, je brûle à petit feu, je meurs chaque jours un peu plus, je m’abandonne toujours un peu plus à elle pour un jour disparaître en elle.

Mon conscient m’implore de réagir, de le sauver, de la quitter. Mais rien n’y fait, où que j’aille elle avec moi, elle est en moi, mon obsession.

Je crève la gueule ouverte, les tripes à l’air pour elle.

Mais comment vivre autrement et sans elle?

Je cherche encore, je souffre toujours…

L’envie d’écrire…(de manière très décousue)

Je suis en vacances et pourtant je pense beaucoup à vous, à la PMA, évidemment à mon fils que j’aurais tant aimé emmener ici, au soleil. Je ne sais toujours pas si je pourrais refaire une Fiv avant cet été, ou avant septembre ni même un jour d’ailleurs . Je sais que l’inconnu me pèse , comme à nous toutes et comme toujours dans pareil cas. Je sais qu’au détour d’un joli paysage entre 3 crampes qui annoncent l’arrivée imminente de mes règles je ne peux m’empêcher de penser à la pma qui régit ma vie, notre vie. J’aimerais pouvoir vous dire qu’être loin de chez moi me rend plus joyeuse mais il n’en est rien. Je pense en mode:#jesuisenboucledansmatete #j’aiqu’uneenvie:êtrechezmoi

#jesuistriste

#jesuisvide

Etc…

Bref, la date du retrait des polypes approche et mes angoisses grandissent. Je n’ai pas envie de retourner au bloc, d’être endormi alors que j’adore ça😂. J’ai peur de vivre une autre merde après l’opération. J’en ai marre.

Je me sens seule et vieille. J’ai 35 ans et on ne me dit plus que je « suis jeune » mais que je « fais jeune » la nuance a toute son importance. 

J’ai l’impression d’avoir cligné des yeux et d’y être. D’être arrivée au bout de ma jeunesse sans l’avoir vraiment vécu. Notre vie est remplie de problème, d’inquiétude depuis 10 ans maintenant que j’ai le sentiment d’être passé à côté de l’existence. 

Ces vacances sont étranges à plusieurs égards:

-partir sans enfant, le deuil pour seul consolation;

-l’absence de projet d’avenir. Je m’explique. Les vacances sont le moment favoris pour nous d’imaginer ce que sera notre vie dans les prochains mois/années. On rentre en général avec une liste de rêves. Mais là on est comme bloqué. On parle uniquement de ce qui nous entoure. Seul le temps et l’espace immédiat semblent pouvoir faire l’objet de nos conversations. C’est lourd pour moi parce que je n’y trouve pas les ressources pour avancer en rentrant. 

Je pense beaucoup à ces femmes pour qui il est facile de procréer. Je ressens de nouveau de la jalousie. J’espère que ça ne va durer. 

Je suis toujours en colère 😡 contre la vie qui m’oblige à vivre toutes ces épreuves. Je ne comprends pas pourquoi mon corps ne s’est pas réparé. Pourquoi je n’ai pas droit à cette chance. 

L’autre jour j’ai demandé pardon à mon corps de l’avoir emmener en pma et de l’avoir bousillé en pma. Car oui, moi mon corps je l’ai tué en pma quand d’autres l’ont réparé en pma. J’avais de l’endometriose? Et alors ? Si seulement j’avais pris mon mal en patience, avec mes 2 trompes en bon état (avant que la pma ne les détruisent) j’aurais pu connaître le miracle. Mais maintenant je sais que les miracles me sont physiquement interdits et c’est tellement frustrant, tellement rageant. Je hais ma vie! 

Voilà un florilège de mes pensées, parfois absurdes, en vacances…